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Magnétique.


Une histoire de vernis. De chat, et de souris. Jeu ambigu de petite fille manipulatrice qui se maquille, et cherche par cette délicate attention à suciter l’attraction. Oui, elle captive les regards, et même les plus avides. Mais repousse tel un aimant celui des plus cupides. Magnétique.


Flacon.


 

Parfum. Assoupi, le nez soudain se réveille. Thé, épices et orange amère dans une valse, de saveurs. Et d’odeurs. Etrange ! Je sens comme un air de convoitise : ne serait-ce donc qu’une question de gourmandise ? Une subtile arme de séduction, dans ce banal flacon ?


Miroirs.


 

Prismes, de verre. Plongés au coeur d’un véritable jeu. De lumières. Tapis dans l’ombre hier, mais aujourd’hui à découvert. Reflets aux multiples facettes d’une unique réalité que le soleil, par sa sagesse, éclaire. Comme autant de fenêtres vers l'(extra-)ordinaire. Miroirs.


Voltige.


 

Goéland, je survole ces hauteurs. Au gré des vents, je pourchasse ces peurs. Porté par ces ailes tombées du ciel, je longe ces parois escarpées. Et plonge vers cette eau qui s’étend. A perte de vue. Le vertige m’est étranger, le vide lui-même m’est inconnu. Voltige.


Falaises.


 

Grimper. Passer outre le vertige, explorer ces vestiges d’une époque oubliée. Une ascension pour avancer, lentement. Se construire. Sûrement. A bout de souffle, le sommet, enfin. Me voilà au bord du précipice. Soudain. Mets-toi à l’aise et admire cette vue imprenable. Ce grand saut, en suis-je capable ? Falaises.


Artifice.


Encore timide, elle s’allume. Cette petite flamme. Regarde-la donc monter jusqu’au ciel ! Transformée par une alchimie encore inconnue en une explosion de couleurs, aux mille saveurs. Spectacle inespéré du son et de la lumière, réunis par magie sur un rythme disco d’aujourd’hui et d’hier. Le tout, par je ne sais quel artifice.


Cumulus.


Quatre petits moutons – et non des pigeons – voguent, parés d’un bleu bien cotonneux. Perplexes, les cieux voient passer le sourcil levé, ces êtres quelques peu difformes mais à la fourrure bien tenace. Histoire d’une cohabitation certes salutaire, mais au premier abord surnaturelle. Cumulus.


Lavande.


Il flotte comme un soupçon de fraîcheur. Un parfum, oui, emprunt de candeur. Insaisissable et raffiné. Légèreté, portée au gré des vents, telle une essence baignée d’insouciance. Découverte, sur les sentiers perdus de Provence. Comme une offrande. Lavande.


Barbecue.


Une bise légère souffle. Sur ces braises timides, elle ravive ces quelques flammes meurtries par le temps. Oubliées, dans la douleur de ce charbon ardent. Feu, éphémère et passion, laisse place à une douce chaleur en accordéon. Dans mes rêves, seulement. Barbecue.


Symbole.


Pas tout à fait fleur. Certes rose, mais d’une autre couleur. Vois donc comme elle la prend presque, cette pose. M’inviterait-elle à capturer ce moment, prémisses de l’explosion ? Partager cet instant, encore baigné d’hésitations. Paparazzi, je suis là. Juste avant que le symbole ne prenne le pas.


Courir.


Ces pompes. Regarde ! Ils patientent. Et maintenant s’impatientent. Tu en parles, depuis le temps. Les poules les ont presque. Leurs dents. Chausse-les donc pauvre fainéant ! Retrouver le goût de cet effort, à la merci d’un confort éphémère oublié. Transpirer, puiser au fond de toi ces quelques foulées. Courir.


Orange.


 

Calme tel un ange, éclatante s’arrange. Qu’entends-je ? Oh, quoique étrange, ce curieux mélange vous dérange. Non, je vous en prie, épargnez-moi vos fausses louanges. Et laissez-moi vous donner, le change. Certes oui, je suis bientôt à court – et ça me démange – mais en échange, permettez-moi de terminer, au risque de vous indisposer par : Orange.


D’eau


Que diable, certes de rouge, une carafe. Sur la table. Hélas, je vous l’accorde en un seul mot : banale. De gris et de grâce à ses côtés, le verre lui aussi se remplit. Etrange couple que tout sépare – l‘un à moitié vide, l’autre à moitié plein – chargé d‘accueillir sans fléchir cet hôte égaré, pour le désaltérer. D’eau


Butine.


Vagabonde, l’abeille valse. Tête dans les airs elle entame cette danse psychédélique, signe d’un voyage sans destination véritable. Mais elle ne se laisse guère distraire, l’ouvrière. Tenace, elle poursuit bel et bien ce travail printanier qui l’emporte de fleur en fleur. En quête de pollen, au gré des vents. Butine.